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 La loutre (lutra lutra)


Petit mammifère carnivore en voie de disparition, la loutre d'Europe est une espèce protégée depuis 1972. Elle vit près des cours d'eau où elle évolue grâce à ses pattes palmées et à sa fourrure qui la protège dans l'eau. Autrefois largement répandue, sa raréfaction est directement liée à la dégradation de son habitat naturel par les rejets industriels et agricoles.
Bien que très menacée, la loutre est encore présente dans certaines rivières des Pyrénées. La réintroduction de cet animal élégant et pacifique, véritable indicateur biologique de la qualité des eaux constituerait un défi passionnant, malheureusement cette intention n’est pas à l’ordre du jour.
 

14 mars : Préparation
Après un ponçage fin de sa surface, voici la planche de tilleul choisie pour le dessin de la loutre, l’orientation de certaines veines du bois ressemble au courant d’une rivière. Je vais tenter de conserver cet effet.
Après beaucoup d’hésitations, le dessin est en place, même si il semble masquer une partie importante du sens du bois, je pense que l’effet “cours d’eau” naturel devrait bien sortir. On verra au final si j’obtiens ce que je voulais ! Le plus dur reste à faire…
Le tracé me permet de marquer les zones d’ombres et donne les grandes lignes, tout le travail détaillé sera effectué directement avec le pyrograveur.
 

21 mars : Premiers tracés
Maintenant plus de droit à l’erreur, essayer d’obtenir un bon rendu de la fourrure humide n’est pas vraiment facile et c’est pourtant l’enjeu principal. J’efface le crayonné au fur et à mesure de l’avancement pour mieux voir l’intensité du trait obtenu. Il faut s’appliquer à garder la fluidité en suivant le sens du poil qui démarre autour du museau et suit les formes du corps jusqu'à la queue (excepté entre les deux pattes de devant, mais ce n’est pas un problème ici).
Au premier passage, je “brûle” le plus léger possible (réglage 4 sur mon appareil) il sera toujours temps de revenir accentuer davantage par la suite.
 

28 mars : Progression lente
ce n’est pas l’envie qui manque, mais le temps. Déjà il est évident que je vais devoir repasser une deuxième fois avec une température plus élevée pour augmenter le contraste. L’aspect de la fourrure doit paraître plus ou moins mouillé pour être réaliste, en séchant le poil se hérisse et forme des zones plus sombres aux contours moins définis.
 

20 mai
mon travail de graphiste mobilise toute mon énergie depuis deux mois : j'espère pouvoir finir la loutre courant juin.
Vous êtes de plus en plus nombreux à chercher de l'information sur la pyrogravure et les pyrograveurs.



20 juin
Enfin, un peu de temps pour reprendre ce travail, j’ai été frustré de passer autant de temps devant l’ordinateur, j’étais impatient de m’y remettre. Du coup j’ai travaillé plus longuement et terminé le premier passage sur l’ensemble de la fourrure. En attendant de revenir pour accentuer certaines zones, j’ai commencé à définir le bois pour situer l’intensité que je pouvais obtenir, je souhaitais un contraste marqué tant dans la couleur que dans le traité.
Cette planche est très sensible aux variations de température du pyrograveur ce qui me permet entre deux graduations (5,5 et 6,5) d’avoir un rendu différent.
 

4 juillet
J’ai fini le travail sur la souche, je ne savais pas au départ comment traiter cette partie mais en multipliant les traits rapprochés le contraste est satisfaisant et la longueur de ces traits suggère les veines du bois. C’est un peu curieux de dessiner du bois sur du bois…
Il me reste à revenir travailler le volume sur la loutre en accentuant les différences entre les zones sombres et claires sur la fourrure.

9 juillet
J’ai terminé le travail de pyrogravure, je ne suis pas complètement satisfait du rendu sur le corps de l’animal, j’espère que la mise en couleur me permettra d’approcher un peu plus de ce que j’avais en tête.
 

J’ai passé une double couche de vernis acrylique mat pour assurer la protection de l’image. Je prévois de passer un lavis acrylique léger pour détacher la silhouette du fond et simuler l’eau en arrière plan. Pour pouvoir faire cela dans de bonnes conditions, je vais couvrir certaines parties de la loutre avec du “drawing gum” pour la protéger de ce premier passage de couleur. Je n’ai jamais essayé cette technique sur une pyrogravure, mais avec la protection du vernis cela ne devrait pas poser de problèmes. On verra bien.







11 juillet
Comme on peut le voir sur les deux images, le masque (drawing gum) a bien fonctionné, cela m’a permis de passer la couleur acrylique avec beaucoup d’eau pour conserver un maximum de transparence. Je n’ai eu aucun problème non plus au moment du retrait, il n’y a eu aucun effet visible sur les parties brûlées.
J’ai ensuite effectué plusieurs passages de différentes couleurs légères sur la souche et sur le corps de la loutre pour accentuer le volume, j’essaye d’utiliser les teintes avec beaucoup d’eau pour que les veines du bois restent lisibles à travers l’image.
Enfin pour finir, j’applique quelques touches de blanc pour l’œil et les reflets sur le pelage.



Voilà, c’est terminé, il me suffit juste maintenant de protéger à nouveau l’ensemble avec une ou deux couches de vernis acrylique mat.
Au suivant…




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