3 avril Bouquetins. Voici un nouveau projet sur des animaux qui, malheureusement, ne sont plus visibles du côté français des Pyrénées. Convoités par les chasseurs depuis les temps les plus anciens, comme en témoignent les dessins de certaines grottes pyrénéennes, ce n’est qu’au début du siècle que furent décimés les derniers bouquetins français, pourtant réfugiés dans les falaises les plus inaccessibles. Protégés plus rapidement du côté Espagnol, leur agilité sur les rochers offre encore un beau spectacle au promeneur qui a la chance de pouvoir les observer. J’avais pris une série de photos lors d’une visite au Parc de Lacuniacha en Espagne, cette ensemble est composé avec les images des jeunes bouquetins de cette réserve.
La planche de frêne choisie pour réaliser ce travail mesure 90 x 40 cm.
6 avril J’avais pensé initialement essayer de travailler davantage les ombres avec uniquement la chaleur, mais la qualité du bois ne permet pas vraiment d’utiliser cette méthode. Le frêne est trop dur, il se marque avec une température élevée seulement. Je me replie donc sur mon traitement habituel qui consiste à restituer les valeurs par un travail au trait, en multipliant les trames ou utilisant différentes pointes. Comme on le voit sur ces images, j’ai quasiment terminé le premier bouquetin et complété l’écorce de l’arbre. Pour l’animal, j’ai utilisé la pointe FXH-7S, c’est une lame aux angles arrondis, elle rentre bien dans les fibres du bois, mais sa forme douce permet de courber chaque trait pour imiter le pelage. Pour l’arbre en revanche, j’utilise la pointe FXH- 9S de forme ronde simple qui glisse sur la surface, le trait est plus épais et un peu plus grossier, comme on peut le constater sur l’image de droite. La différence entre les deux traitement est plus flagrante en vision réelle, l’un est nettement plus sombre que l’autre. Je pense atténuer cet effet au moment de la mise en couleur.
7 avril Le travail avance plus vite, j’ai passé plusieurs heures d’affilée au travail de ce projet, ce qui m’est arrivé rarement ces derniers temps. Cela m’a permis d’avancer sur le troisième bouquetin et la partie rocheuse de l’autre côté de la planche.
15 avril Voici la partie strictement pyrogravure enfin terminée. J’ai passé une première couche de vernis et je vais en passer une deuxième pour protéger le dessin du masquage que je vais utiliser pour le passage en couleur. Quelques-uns préfèrent l’aspect du dessin sans couleurs et j’ai hésité longtemps sur la nécessité d’aller plus loin. Je sais que je prends le risque de gâcher de longues heures d’application… Mais j’avais en tête une image bien précise au départ et il vaut mieux aller bout de ses idées, ne serait ce que pour en avoir le cœur net. 23 juin – Suite et fin… enfin. J’ai repris l’image des bouquetins et après beaucoup d’hésitation sur l’utilisation (ou non) de l’aérographe, sur les conseils de ma femme, j’ai décidé de laisser le fond sans couleurs. La partie colorée concernera donc uniquement le rocher, les animaux et l’arbre. Pour pouvoir passer un lavis de gris plus facilement j’ai masqué au “drawing-gum” le bouquetin premier plan, comme on peut le voir sur les images.
La couleur sur bois doit trouver un équilibre dans une gamme de nuance plutôt restreinte pour ne pas masquer la matière. Au final, je pense que ce choix était le bon, l’image est amplifiée par l’absence de couleur dans le fond qui laisse voir pleinement les veines du bois et permet aussi à l’imagination de chacun de jouer son rôle…
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